Accueil arrow CARNETS DE ROUTE arrow Voyage en mongolie

Voyage en Mongolie

Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Cet été j’ai fait une rando trek en Mongolie. Le trekking s’est fait au moyen d’un minibus 4/4, efficace et rustique, puisque pour voyager en Mongolie il faut emprunter des pistes innombrables et même traverser des rivières puisque les ponts sont pratiquement inexistants.

Nous sommes cinq à partir via Moscou et via cette étrange capitale qu’est Oulan Bator.
En descendant de l’avion, au petit matin, notre camionnette nous attend avec son chauffeur Boggy et Bayarma notre guide interprète, des gens adorables.

Image Active
La capitale est entourée de montagnes douces recouvertes d’herbe rase mais verte (il a plu la veille).Nous sentons un air différent et la lumière est éclatante ; nous sommes déjà en altitude (1500m).
Dans les jours qui suivront, la steppe de Mongolie nous entoure : c’est un paysage d’emblée immense. Nous allons vivre quinze jours en pleine nature.


Nous traversons des paysages très différents : plaines, montagnes, roches volcaniques, petits déserts sablonneux…
Il y a beaucoup de prairies peuplées de nombreux animaux, des chèvres, des moutons, des yacks, beaucoup de chevaux et même des chameaux qui nous paraissent extraordinaires.
Des petites taches blanches grossissent peu à peu, ce sont les yourtes avec tous leurs animaux.
Des cavaliers surgissent quelquefois, venus de nulle part, ou bien un couple sur une moto ou bien un camion surchargé.
Nous longeons l’Orkhon et d’autres rivières d’un bleu profond que l’on doit traverser de temps en temps : c’est l’aventure, mais Boggy assure toujours !

Image Active
La randonnée à pied ou à cheval permet d’apprécier ces montagnes, de découvrir les édelweis, de voir les petits chiens de prairie, les marmottes, les grosses sauterelles.
Nous faisons un pique nique dans les montagnes, au milieu de fleurs mauves ; et, savez- vous  là haut nous avons mangé du caviar…
Il y a aussi un peu de tourisme, nous allons voir une cascade vénérée par les Mongols, elle est parsemée de foulards bleus. Nous irons aussi dans la réserve nationale de Hustaï, pour découvrir les chevaux sauvages de Przewalski :c’est un petit cheval beige ,avec une tête large et une crinière en brosse.


La Mongolie est très marquée par son histoire.
Chinggis Khan, le fondateur de l’empire Mongol est de partout. On retrouve son effigie sur une montagne, dans les restaurants et lieux publics et même sur les bouteilles.
La Mongolie a été occupée pendant 80ans par les Russes (1911 /1990) ; c’est seulement en 1992 qu’elle devient république de Mongolie.
La Mongolie a environ 3 millions d’habitants, la moitié vit à Oulan Bator ; il y a beaucoup de jeunesse et des enfants qui vont à l’école.
La religion dominant en Mongolie est le bouddhisme, mais il y a aussi des pratiques chamanistes. Nous visitons de nombreux temples qui sont souvent en reconstruction .
Le plus grand monastère est celui de Gandan à Oulan Bator avec sa très haute statue dorée de Bouddha. Le petit temple de Hogno Kan, celui de Zanabazar (un ermite de la montagne sacrée) le monastère d’Erdene Zuu à Karakorum nous permettent de mieux comprendre les Mongols qui viennent se recueillir dans ces lieux. Les jeunes aident les plus âgés pour aller sur ces montagnes abruptes, pour apporter leurs offrandes et y accomplir leurs rituels.
Les jeunes moines habillés de jaune et orange vivent dans ces temples étudient les écritures et accèdent au savoir.
Le chamanisme se manifeste sur les chemins, au sommet des cols, au bord des fleuves par d’énormes tas de pierres amoncelées avec des offrandes (billets, bonbons, foulards bleus) ; le rite veut que l’on fasse trois fois le tour de cet  « övö ».
La religion permet aux Mongols de retrouver leurs racines.


En Mongolie ce qui est sans doute le plus étonnant, c’est un mode de vie qui est unique.
Les Mongols vivent dans des yourtes (le vrai nom mongol est »gher ») ; aussi nous ne dormirons que dans des yourtes, que ce soit chez les nomades ou dans des camps de touristes ; ces derniers sont assez répandus, ils possèdent un groupe électrogène et on peut y trouver des douches et toilettes qui souvent restent rudimentaires.
La yourte est une structure ronde avec 3à5 lits et avec au sommet un orifice qui permet de faire sortir le cornet de poêle. Ce poêle sert à chauffer (les nuits sont fraîches même au mois d’août) et à faire la cuisine, ainsi que bouillir l’eau que l’on utilise.
Pendant notre trekking on prend souvent le repas chez l’habitant ; il nous ouvre la porte de sa « gher ».Nous devons respecter certaines règles, entrer le pied droit d’abord, ne pas s’appuyer aux montants de la yourte, s’asseoir dans la partie gauche (soit l’ouest).Cette yourte est un endroit ordonné ou chaque chose trouve sa place. La maîtresse de maison, une femme au teint cuivré, nous offre l’airag (lait de jument fermenté) et le fromage caillé. Nous nous devons de respecter cette tradition. Toute la famille est présente et pour une première rencontre ils mettent leur habit traditionnel (même le bébé de 4 mois).


Pendant 3 jours nous faisons une rando-bivouac à pied et nous sommes accueillis par Tseren Jorg qui habite à 2200m d’altitude avec sa femme, ses 10 enfants, les gendres et belles filles. Nous immergeons dans leur mode de vie : une vie de nomades éleveurs. Nous pouvons faire la traite des yacks et des chevaux. Ce sont les femmes qui font ce travail et qui transforment le lait en beurre, fromages et airag pour nourrir la famille et faire des réserves pour l’hiver. Elles sont l’égale de l’homme et sont très indépendantes .Les hommes sur les chevaux s’occupent des troupeaux .Le cheval est le compagnon mongol, il est court sur jambes et rustique  il correspond à son environnement  J’assiste à la capture au lasso des chevaux qui vont être montés par certains d’entre nous pour aller jusqu’au lac et faire la ballade des 8 lacs du Nombril.
Les enfants sont toujours présents, ils occupent une grande place dans la vie familiale ; ils sont souriants, vifs et ont un teint hâlé. Ils adorent se faire prendre en photo, surtout s’ils peuvent se voir sur l’écran. Nous sommes tous revenus avec des photos qui sont de vrais petits trésors.
La nourriture en Mongolie est à base de viande. Nous mangeons des soupes des raviolis, des beignets, des pains de viande cuits à la vapeur. Un matin pour le petit déjeuner, l’épouse de Tseren Jorg nous a apporté une pâte sucrée et tiède faite de farine et de beurre ; c’était délicieux. Nous goûterons aussi au barbecue mongol.


Nous dormons dans la yourte mise à notre disposition, ce sont des nuits de pleine lune, en pleine nature et c’est magique.
Il y a encore une chose dont je veux vous parler : ce sont les chants mongols. Le premier jour à Oulan Bator, un spectacle de chants et danses traditionnels nous font vivre un moment vivant et coloré. Ils utilisent leur voix dans des registres très particuliers (chants diphoniques) et nous découvrons le « moriin khuur », la vielle à tête de cheval. Mais nous avons entendu chanter  également les gens près de nous, d’une façon très naturelle.
Nous avons essayé d’apprendre quelques mots en langue mongole ; cela n’est pas facile, ils utilisent l’alphabet cyrillique.
Bonjour c’est : Sain baina uu [sâmbeno].
Au revoir : Bayartai.
Merci : Bayarlaa.


Le trekking c’est une randonnée touristique dans des régions difficilement accessibles. Nous l’avons fait en 4/4(+ de 1000kms), à pied et à cheval ; cela nous a permis de faire différentes approches de ce pays très attachant (comme ses habitants).
Sachant que la Mongolie, en surface fait 3 fois la France, il me reste encore de quoi découvrir. J’aimerai tellement revoir ces gens aimables, souriants et qui savent aller à l’essentiel. Aujourd’hui, ici, l’hiver est arrivé et je pense souvent aux nomades qui subissent le froid et le vent avec leurs animaux qui doivent gratter la neige pour survivre…
 

Puis nous avons repris l’avion pour Moscou, et une dernière image me restera : une immensité verte, semblable à du velours, parcourue de pistes et quelques petits points blancs, les yourtes qui diminuent petit à petit.