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Cela fait déjà pas mal de siècles que les Mongols ont commencé à célébrer la nouvelle année lunaire, qui s'appelle en Mongolie Tsagaan Sar ou le mois de la lune blanche. Durant cette période, les Mongols en tenues traditionnelles, préparent les plats traditionnels, font leurs offrandes religieuses et familiales, et surtout chantent et font la fête. Il faut noter que la date de cette célébration peut varier par rapport à notre calendrier. L'hiver étant long en Mongolie et les températures restant très froides même en Avril, c'est aussi une façon de célébrer l'arrivée du printemps avant l'heure. Tsagaan Sar coïncide avec le calendrier lunaire oriental. D'ailleurs, certains chercheurs pensent que ce calendrier a été inventé par les tributs nomades d'Asie Centrale. Vivant au contact de la nature et s'étant adaptés à son cycle naturel, les nomades ont longtemps organisé leurs vies par rapport aux phases lunaires. Certaines reliques prouvent l'existence d'un calendrier lunaire Mongol composé de 12 mois avec un mois supplémentaire tous les 4 ans. Chaque mois a son propre nom, par exemple, coucou, cerf, inondation. Plus tard, les Tibétains et les Chinois ont rationalisé ce calendrier. Ce calendrier a un système basé sur le 12, avec un siècle composé de 12 années, une année de 12 mois et une journée de 12 heures. Selon l'astrologie Mongol Tibétaine, le monde est construit sur l'interaction de cinq éléments - le fer, la terre, le feu, l'eau et le bois - et de 5 couleurs qui sont respectivement blanches, jaunes, rouges, noires et bleues. A chaque fois, l'année est associée a l'un des ses deux signes, ce qui fait qu'il existe donc un cycle total de 60 années. Tsagaan Tsar se traduit en tant que "mois blanc". Les origines du nom peuvent être liées au bonheur et a la pureté symbolisé par la couleur blanche, ou par le fait que c'est le début des périodes d'allaitement et d' accouplements. L'approche du printemps apporte une abondance en lait et en produits laitiers. Les vacances dépendent des phases lunaires et tombent n'importe quand entre fin janvier et début mars. Les familles commencent à se préparer à cette célébration au moins un mois à l'avance. Avant tout, il y a la tradition de préparer en abondance des cadeaux et de la nourriture. Les yourtes et habitations doivent être nettoyées. Chaque famille Mongole prépare des centaines de Buutz et fait ou achète de nouveaux vêtements. Selon la coutume, les plus gros moutons doivent être tués; leurs dos et queues sont bouillis et servis sur la table pour toute la durée de cette célébration. Tsagaan Sar doit apporter richesses et prospérités à toute la famille.
La veille de la nouvelle année s'appelle "Bituun" - "le dernier dîner de la vieille année". Vers midi, l'épouse commence à nettoyer la yourte. Tout doit être impeccable. Puis la table, pièce maîtresse des célébrations, est dressée avec plusieurs plats traditionnels - le mouton bouilli, un plat avec des biscuits traditionnels, du pain, un plat de beresee (riz cuit avec du beurre, sucre et raisins secs) et un plat avec les produits laitiers traditionnels (aruul, fromage non salé et crème). Tous ces plats peuvent commencer à être mangés à partir du moment que dans la soirée les premières étoiles font leurs apparitions dans le ciel. Des bâtons d'encens et des bougies sont allumés et le thé fort est préparé. Le premier bol de thé est dirigé vers les quatre points cardinaux, le second est dirigé vers l'hôte et alors les invités peuvent commencer à boire. L'hôte prend un SIP et puis touche le sacrum neuf fois avec sa main. C'est le signe pour que l'hôtesse commence à servir le thé, d'abord aux plus vieux et puis aux enfants. Après cette cérémonie traditionnelle qui précède le repas, l'hôte commence à couper le mouton. Sa carcasse est distribuée aux invités. Après ceci, les autres plats sont distribués dans un certain ordre, les boissons fortes ne le sont que par ceux qui ont plus de 40 ans. Le matin suivant, chacun doit se lever tôt et en forme. Il y a alors beaucoup de règles à suivre. La première est de regarder le levé du soleil et de le remercier. La seconde, afin d'avoir la santé et le bonheur tout au long de l'année, est de faire ces premiers pas de nouvelle année; l'année de naissance et l'année en cours déterminant quelles directions prendre. Après que ces premiers pas soient faits, tous les membres de la famille re-rentrent dans la yourte et commence réellement les festivités. Le doyen est en premier félicité et va s'assoire dans la partie nord de la yourte. Son cadet le félicite et lui apporte un "khadag" - "pièce de soie bleue" - dans la paume de ses mains. Un bol rempli de lait est placé dans sa main droite sur le khadag. La phrase de voeux est normalement celle-ci : "Sar shin saikhan shinelch baina uu?". Le membre le plus jeune de la famille tends ces mains, avec les paumes dirigées vers le ciel, qui saisissent celles des plus vieux dirigées vers le sol. Les deux se font alors deux bises sur les joues.
Ce jour, tous les membres de la famille montrent leur respect et amour par ce salut. Après que le deuxième membre le plus âgé ait fini ce salut, les autres membres de la famille saluent le membre le plus âgé. Ils continuent à se saluer l'un après l'autre et à donner des cadeaux. La valeur du cadeau n'est pas importante. Un paquet de cigarettes et quelques chaussettes suffisent. La chose importante est la considération. On donne aux plus âgés des khadags et aux plus jeunes des bonbons. Souvent chaque membre de la famille et des invités offrira sa tabatière à son prochain. Dans la campagne, les habitants vont honorer la nature en allant à un ovoo - une pile des pierres construite en haut d'une colline ou d'une montagne. Les gens y vont avec des plateaux de nourritures et autres offrandes et le plus vieux exprime ses voeux et éloges à l'esprit de la montagne et du voisinage.
Durant Tsagaan Sar, comme pour les autres célébrations, les gens chantent. L'hôte sert chaque invité qui doit alors se lever et chanter une chanson écoutée par tous les autres invités présents. Il est très impoli de refuser de chanter, "de ne pas montrer son talent" comme disent les mongols. Durant la première soirée de la nouvelle année, les gens jouent à des jeux. Ils jouent au "khorol" - "une sorte de jeux de dominos tailles dans du bois et graves avec des symboles d'animaux se rapportant au calendrier lunaire". Ils jouent aussi parfois au "shagai" ou au dés. Apres tous ces voeux, la nourriture est placée sur la table et le repas peut alors commencer. L'hôtesse continue de cuisiner, servir et nettoyer avec l'aide de ses enfants, tandis que les invités vont et viennent. Les échanges de voeux et cadeaux continuent durant toute la journée et pendant les 15 jours qui suivent. C'est alors que l'on dit que cette célébration est terminée. Néanmoins, elle se termine bien plus tôt dans les villes.
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